Leçon 5.2 : Le registre des incidents : obligations légales et structure
L’obligation la plus négligée de la Loi 25
L’article 3.8 de la LPRPSP impose à toute organisation de tenir un registre documentant l’intégralité des incidents de confidentialité qui surviennent, y compris les incidents mineurs ne présentant aucun risque apparent. Ce registre est souvent le premier document demandé lors d’un audit de la CAI.

Pourquoi tous les incidents, même mineurs?
La tenue du registre sert deux objectifs :
- Démontrer la diligence : Si un incident grave survient plus tard, un historique documenté des incidents précédents démontre que l’organisation exerce une surveillance active, ce qui atténue les sanctions.
- Identifier les patterns : Des incidents mineurs répétés (ex: plusieurs courriels envoyés au mauvais destinataire) peuvent révéler un problème systémique nécessitant une formation ou une correction de processus.
Les 5 éléments obligatoires du registre
- Description de l’incident : Ce qui s’est passé, comment, dans quel contexte.
- Date ou période estimée : Quand l’incident a-t-il eu lieu? Quand a-t-il été découvert?
- Catégorie des renseignements compromis : Noms? Courriels? Données financières? Données de santé?
- Évaluation du risque : Y a-t-il un risque de préjudice sérieux? Combien de personnes sont affectées?
- Mesures d’atténuation : Quelles actions ont été prises pour contenir l’incident et prévenir la récurrence?
La CAI peut demander une copie intégrale du registre à tout moment, sans préavis. Si votre registre est vide ou inexistant : double violation, l’incident non documenté ET l’absence de registre.
La sécurité du registre
Le registre lui-même contient des données sensibles sur les failles de sécurité, il doit donc être sécurisé :
- Chiffrement des données au repos.
- Accès restreint au RPRP et aux personnes autorisées.
- Journalisation des accès au registre.

Format et durée de conservation
La loi ne prescrit pas de format spécifique, papier ou numérique sont acceptés, mais le format numérique facilite la recherche et la transmission à la CAI. La durée de conservation minimale recommandée est de 5 ans (alignée sur la prescription pénale).
SiteQC : registre chiffré et automatique
SiteQC intègre un registre des incidents chiffré directement dans le tableau de bord du RPRP. Chaque incident potentiel détecté par le système est pré-renseigné. L’assistant de saisie guide le RPRP à travers les 5 éléments obligatoires. Le registre est exportable en format PDF ou CSV pour la CAI.
Points clés
- Obligatoire en vertu de l’art. 3.8 LPRPSP, tous les incidents, même mineurs.
- 5 éléments : description, date, catégorie données, risque, mesures.
- La CAI peut le demander sans préavis.
- Conserver au moins 5 ans (prescription pénale).
- Doit être sécurisé et chiffré.