Leçon 5.1 : Qu’est-ce qu’un incident de confidentialité selon la Loi 25?
Une définition beaucoup plus large que le piratage informatique
La Loi 25 définit l’incident de confidentialité de manière exceptionnellement large. La majorité des entreprises pensent uniquement au cyberpiratage, mais la loi englobe une gamme bien plus vaste d’événements qui se produisent quotidiennement dans les organisations.

La définition légale : accès, utilisation, communication, perte
Un incident de confidentialité est tout événement résultant en :
- Accès non autorisé à des renseignements personnels (piratage, intrusion).
- Utilisation non autorisée (un employé qui consulte les dossiers de clients sans raison professionnelle).
- Communication non autorisée (envoi d’une infolettre avec les courriels en CC au lieu de BCC, courriel envoyé au mauvais destinataire).
- Perte ou vol du support physique (ordinateur portable volé, clé USB perdue, dossier papier égaré).
- Destruction non autorisée ou accidentelle de renseignements personnels.
Exemples concrets d’incidents fréquents
- Vous envoyez une infolettre et les 500 adresses courriel sont visibles en CC = incident.
- Un employé ouvre un fichier client par erreur depuis son domicile sur un réseau non sécurisé = potentiel incident.
- Votre site web est victime d’une attaque par injection SQL exposant les données de vos clients = incident grave.
- Un tableur contenant des données clients est envoyé par erreur à un fournisseur = incident.
- Un prestataire externe perd l’accès à votre système et voit vos données = incident à évaluer.
La statistique alarmante : 44 % des PME canadiennes attaquées en 2024
Selon le rapport de la CFIB (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante), 44 % des PME canadiennes ont subi au moins une cyberattaque en 2024. La plupart n’avaient aucun registre des incidents, aucun plan de réponse et aucun processus de notification à la CAI, trois violations immédiates de la Loi 25.
La question n’est plus « est-ce que je vais subir un incident? » mais « quand est-ce que je vais le subir? » Et quand ça arrive sans registre ni plan, l’amende s’ajoute au dommage.

Le « risque de préjudice sérieux » : la ligne de démarcation
Tous les incidents doivent être consignés dans le registre, mais seuls les incidents présentant un risque de préjudice sérieux déclenchent l’obligation de notification à la CAI et aux personnes affectées. Un préjudice sérieux inclut :
- Vol d’identité potentiel.
- Fraude financière possible.
- Atteinte à la réputation professionnelle.
- Risque d’humiliation publique.
- Données de santé ou d’orientation sexuelle exposées.
SiteQC : détection et registre automatiques
SiteQC surveille les tentatives d’intrusion, les accès anormaux et les erreurs de transmission. Tout incident potentiel est consigné automatiquement dans le registre, avec horodatage et catégorisation. L’assistant de triage guide le RPRP pour évaluer si le seuil de « préjudice sérieux » est atteint.
Points clés
- Incident = accès, utilisation, communication, perte ou destruction non autorisée de données personnelles.
- 44 % des PME canadiennes attaquées en 2024, la majorité sans plan de réponse.
- Tous les incidents doivent être consignés, même les mineurs.
- Notification CAI déclenchée seulement si risque de préjudice sérieux.